Tribune | À la veille du procès de Rima Hassan : la République face à l’apologie du terrorisme

Publié par Observatoire Juif de France le

À la veille du procès de Rima Hassan : la République face à l’apologie du terrorisme

Paris, le 6 juillet 2026 — À la veille de la comparution de Mme Rima Hassan devant la justice pour des faits présumés d’apologie du terrorisme, l’Observatoire Juif de France tient à rappeler une exigence simple : nul mandat, nulle notoriété, nulle fonction politique ne saurait placer quiconque au-dessus de la loi républicaine.

Il ne s’agit pas ici de contester une opinion politique, ni d’empêcher le débat démocratique sur le Proche-Orient. Il s’agit de rappeler qu’en France, la liberté d’expression connaît une limite claire : on ne justifie pas, on ne glorifie pas, on ne banalise pas des actes terroristes ou leurs auteurs.

Les deux enquêtes versées au débat public rassemblent un corpus dense, daté et documenté de publications, déclarations, vidéos, participations à des événements et prises de position attribuées à Mme Rima Hassan. Elles évoquent notamment des propos qualifiant l’action du Hamas de légitime, des références répétées à la « résistance armée », ainsi qu’un message publié le 26 mars 2026 en hommage à Kōzō Okamoto, impliqué dans l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972, attentat ayant causé de nombreuses victimes civiles. 

Ces éléments ne doivent évidemment pas être jugés sur la place publique. Ils doivent l’être par la justice, dans le respect de la présomption d’innocence, du contradictoire et des droits de la défense. Mais l’ampleur du dossier impose une question grave : jusqu’où peut aller la rhétorique politique avant de franchir la frontière pénale de l’apologie du terrorisme ?

L’article 421-2-5 du Code pénal réprime l’apologie publique d’actes de terrorisme. La jurisprudence rappelle qu’il peut y avoir apologie lorsque des propos conduisent à porter un jugement favorable sur un acte terroriste ou sur son auteur. Dans ce contexte, l’usage répété de termes comme « résistance », lorsqu’ils se rapportent à des organisations ou à des actes qualifiés de terroristes, ne peut être traité comme une simple maladresse de langage.

L’Observatoire Juif de France appelle donc à une audience exemplaire, sereine et rigoureuse. Exemplaire, car la lutte contre le terrorisme ne peut souffrir aucune ambiguïté. Sereine, car la justice ne doit céder ni à la pression militante ni au tumulte médiatique. Rigoureuse, car les faits allégués sont graves, nombreux, et doivent être examinés dans leur globalité.

Les documents transmis au parquet soulignent également que plusieurs éléments auraient déjà fait l’objet de plaintes ou signalements, certains classés sans suite, et appellent à une appréciation consolidée du dossier. Le signalement adressé à Madame la Procureure de la République de Paris recense plusieurs qualifications pénales potentiellement concernées, parmi lesquelles l’apologie ou la provocation au terrorisme, la provocation à la haine ou à la violence, la diffusion de fausses nouvelles, le doxxing ou encore certaines formes de mise en danger par harcèlement numérique. 

L’Observatoire Juif de France ne demande ni justice d’exception, ni traitement de faveur, ni condamnation médiatique préalable. Il demande simplement que la loi s’applique pleinement, avec la même fermeté pour tous.

Car lorsque des responsables politiques banalisent des slogans, des symboles ou des figures associés à la violence terroriste, ce ne sont pas seulement les victimes du terrorisme qui sont atteintes : c’est l’ensemble du pacte républicain qui vacille.

L’antisémitisme contemporain ne se présente plus toujours sous ses formes anciennes. Il avance parfois masqué derrière l’antisionisme obsessionnel, la négation ou la relativisation du 7 octobre, la diabolisation permanente d’Israël, ou l’inversion accusatoire qui transforme les victimes en coupables et les terroristes en prétendus résistants.

L’OJF rappelle que la compassion pour les civils palestiniens ne saurait jamais justifier la complaisance envers le Hamas, organisation terroriste responsable du massacre du 7 octobre 2023, de prises d’otages, de viols, de tortures et d’exactions barbares.

À la veille de ce procès, notre message est clair :

La République ne peut pas combattre le terrorisme d’une main et tolérer, de l’autre, sa banalisation dans le débat public.

Nous faisons confiance aux magistrats pour dire le droit, examiner les faits et rappeler que la liberté d’expression n’est pas le droit d’exalter la violence, ni de légitimer ceux qui sèment la terreur.

L’Observatoire Juif de France restera vigilant, déterminé et mobilisé.

René Lévy
Président de l’Observatoire Juif de France

Tel. 06 08 27 14 18 – Courriel – contact@ojfrance.fr

Association engagée contre le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme et l’apologie du terrorisme.

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