L’Observatoire Juif de France dénonce l’absence de contradiction sur LCI après l’emploi de l’expression « épuration ethnique » visant Israël ou des Israéliens.

Publié par Observatoire Juif de France le

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’Observatoire Juif de France exprime sa profonde préoccupation après une séquence diffusée sur LCI au cours de laquelle M. Gérard Araud, ancien ambassadeur de France en Israël, a employé, à propos de la situation en Cisjordanie ou selon Judée Samarie, une expression d’une gravité extrême celle :  d’«épuration ethnique » ou de « nettoyage ethnique».

M. Gérard Araud intervient régulièrement dans le débat public sur les questions du Moyen-Orient et s’est, à plusieurs reprises, montré très critique à l’égard des décisions prises par le gouvernement israélien, notamment sur la conduite de la guerre, la politique en Cisjordanie ou selon Judée Samrarie, la (colonisation) et les choix stratégiques de l’exécutif israélien. Ces critiques relèvent naturellement du débat d’idées et peuvent être exprimées librement.

Mais précisément parce qu’il est diplomate de carrière et ancien ambassadeur de France en Israël, M. Araud sait mieux que quiconque que les territoires concernés font l’objet d’un différend ancien, complexe et non résolu. Les frontières définitives entre Israël et une future entité palestinienne ne sont pas juridiquement fixées par un accord accepté par les parties. Elles ne pourront résulter que de négociations politiques et diplomatiques, comme cela a été le cas à l’issue de nombreux conflits où les lignes d’armistice ou de cessez-le-feu ne se confondaient pas nécessairement avec des frontières internationales définitives.

Dans ce contexte, l’emploi à l’antenne d’une formule aussi grave que celle d’ « épuration ethnique » appelle une exigence redoublée de précision, de nuance et de contradiction. Une telle accusation ne peut être lancée comme une évidence, sans rappel du caractère disputé des territoires, sans distinction entre des actes individuels éventuellement répréhensibles, des choix politiques contestables et une prétendue politique organisée d’expulsion d’une population.

L’OJF ne conteste évidemment pas le droit de M. Araud, comme de tout intervenant, à exprimer une analyse critique de la politique israélienne, de la situation en Cisjordanie et selon Judée Samarie ou des violences imputées à certains Israéliens. La liberté du débat public est essentielle.

Mais une chaîne d’information nationale ne peut laisser passer, sans reprise immédiate, sans demande de précision, sans contextualisation et sans contradiction, une accusation aussi lourde, historiquement, moralement et juridiquement chargée.

Qualifier des faits d’« épuration ethnique » ne relève pas d’un simple commentaire politique. Une telle expression renvoie à des pratiques criminelles de masse, à une volonté organisée de déplacement ou d’expulsion d’une population, et produit nécessairement un effet considérable sur le téléspectateur.

Dans un contexte marqué par une recrudescence inquiétante de l’antisémitisme en France, par l’importation permanente du conflit israélo-palestinien dans le débat national, et par la multiplication d’amalgames visant les Juifs de France, les médias audiovisuels ont une responsabilité particulière.

Le rôle d’un journaliste n’est pas de censurer, mais de questionner. Il lui appartient de demander : sur quels faits précis repose cette qualification ? Quelle est la source ? S’agit-il d’une analyse personnelle, d’une qualification juridique, ou d’une accusation politique ? Cette expression vise-t-elle des individus, des groupes d’Isréliens, le gouvernement israélien, l’État d’Israël, ou les Israéliens dans leur ensemble ?

L’absence de reprise journalistique donne au public le sentiment que l’accusation est tenue pour établie. C’est précisément ce que l’OJF dénonce.

L’Observatoire Juif de France demande à LCI :

– de communiquer ou rendre accessible la séquence intégrale concernée ;
– de préciser si un contradictoire a été apporté avant, pendant ou après les propos de M. Araud ;
– d’accorder un temps d’antenne permettant une mise au point contradictoire ;
– de rappeler publiquement que des accusations aussi graves doivent être maniées avec rigueur, prudence et contextualisation.

L’OJF annonce qu’il saisira l’ARCOM afin que soit examinée la conformité de cette séquence aux exigences d’honnêteté, de rigueur et de pluralisme dans le traitement de l’information.

Il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression. Il s’agit de rappeler qu’une chaîne d’information ne peut transformer, par silence éditorial, une accusation extrême en vérité médiatique.

Contact presse – Observatoire Juif de France (OJF)
Tél. 06 08 27 14 18
contact@ojfrance.fr – www.ojfrance.org

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