Boycott de Jean Quatremer : L’affaire Jean Quatremer confirme ce que nous écrivions hier : le boycott s’étend désormais à tous ceux qui dénoncent l’antisémitisme, qu’ils soient juifs ou non, israéliens ou non.

Céder à cette intimidation, c’est affaiblir la République.
L’affaire Jean Quatremer confirme ce que nous écrivions hier : le boycott s’étend désormais à tous ceux qui dénoncent l’antisémitisme, qu’ils soient juifs ou non, israéliens ou non.
Céder à cette intimidation, c’est affaiblir la République.
Paris le 10 juin. Selon les éléments portés à notre connaissance, l’intervention de Jean Quatremer, journaliste spécialiste des affaires européennes et correspondant de longue date à Bruxelles, programmée au Cycle supérieur du développement durable, aurait été annulée à la dernière minute par la haute administration, sous couvert de « raisons techniques ».
Cette conférence, prévue devant des auditeurs de haut niveau, devait pourtant porter sur un sujet strictement européen : les résistances internes aux institutions communautaires face au détricotage du Green Deal. Rien, dans le thème annoncé, ne justifiait une telle déprogrammation.
Le contexte dans lequel intervient cette annulation ne peut être ignoré. Jean Quatremer fait l’objet, depuis plusieurs jours, d’une campagne de mise en cause après avoir relayé une œuvre de l’artiste Alexsandro Palombo dénonçant les nouvelles formes d’antisémitisme. On peut débattre d’une image, d’un ton, d’un choix éditorial. On peut critiquer un journaliste. Mais on ne peut pas accepter qu’une institution publique efface une voix parce qu’elle dérange une partie du champ politique.
Cette affaire marque un seuil inquiétant.
Jusqu’ici, les logiques de boycott liées au conflit israélo-palestinien visaient principalement des personnalités israéliennes, juives, ou des événements communautaires. Désormais, elles semblent s’étendre à toute personne — juive ou non, israélienne ou non — qui refuse de taire l’antisémitisme contemporain ou de se soumettre à l’orthodoxie idéologique du moment.
C’est précisément ce que nous dénoncions dans notre éditorial d’hier : le boycott n’est plus seulement dirigé contre Israël. Il devient une méthode d’intimidation appliquée à tous ceux qui refusent de renoncer à leur liberté de jugement.
Le cas de Jean Quatremer est d’autant plus révélateur qu’il ne s’agit pas d’une personnalité issue de la droite militante ou d’un cercle communautaire. Il s’agit d’un journaliste de Libération, spécialiste reconnu de l’Europe, longtemps identifié à l’univers progressiste et au débat démocratique. Si même ce profil peut être écarté pour avoir dénoncé l’antisémitisme, alors personne n’est à l’abri.
Nous refusons que l’administration de la République devienne l’exécutante silencieuse de pressions militantes.
Nous refusons que la peur de la polémique tienne lieu de doctrine publique.
Nous refusons qu’au nom d’une prétendue paix sociale, on sacrifie la liberté d’expression, le pluralisme intellectuel et la lutte contre l’antisémitisme.
Nous demandons donc :
- Une clarification publique des motifs réels de cette annulation.
- La reprogrammation de l’intervention de Jean Quatremer.
- Un engagement clair du ministère concerné à ne jamais céder aux campagnes d’intimidation idéologique.
- Le respect effectif de la liberté d’expression dans toutes les formations, institutions et structures dépendant de l’État.
Une démocratie ne se juge pas à sa capacité de faire taire les voix qui dérangent. Elle se juge à sa capacité de les entendre, de les contester, et de les laisser parler.
L’Observatoire Juif de France
Contact presse : contact@ojfrance.fr
0 Comments