Communiqué
COMMUNIQUÉ DE PRESSE Observatoire Juif de France 6 octobre 2026
Procès de Rima Hassan : l’OJF interpelle les magistrats sur l’égalité devant la justice et l’exigence d’exemplarité des responsables publics
À l’approche du procès de Rima Hassan, annoncé pour les 19 et 20 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire d’apologie du terrorisme, l’Observatoire Juif de France souhaite interroger les autorités judiciaires sur l’application de la loi et l’égalité de traitement devant la justice.
La tenue de ce procès ne préjuge en rien de l’issue de la procédure. Rima Hassan demeure présumée innocente jusqu’à une éventuelle décision définitive de condamnation.
L’OJF indique avoir déposé plusieurs plaintes visant Rima Hassan. Selon les informations dont il dispose, ces plaintes ont fait l’objet de classements sans suite. Ces décisions appartiennent à l’autorité judiciaire compétente et ne constituent pas des déclarations d’innocence au sens d’un jugement au fond. Elles peuvent toutefois être contestées ou faire l’objet des voies de recours prévues par la loi, selon les conditions applicables.
L’OJF affirme par ailleurs avoir obtenu des condamnations dans d’autres dossiers portant, selon son appréciation, sur des faits comparables. Il reconnaît que chaque affaire doit être examinée au regard de ses circonstances propres, des éléments de preuve disponibles et des qualifications juridiques retenues.
L’association souhaite comprendre les raisons de cette différence apparente de traitement. Elle s’interroge également sur le risque que la répétition de classements sans suite puisse être perçue comme un signe d’impunité ou encourager de nouveaux comportements contestés. Cette formulation exprime une préoccupation de l’OJF et ne constitue pas une conclusion établie concernant Rima Hassan.
Rima Hassan exerce un mandat électif. L’OJF estime que les responsables publics doivent faire preuve d’une particulière vigilance dans leurs propos et leurs actes, compte tenu de leur visibilité et de leurs responsabilités. Cette exigence d’exemplarité ne saurait toutefois conduire à écarter les garanties attachées à la présomption d’innocence, aux droits de la défense et à l’indépendance de la justice.
L’incident qui aurait eu lieu le 5 octobre au Parlement européen donne, selon l’OJF, une portée particulière à cette question. D’après les éléments rapportés publiquement, Rima Hassan aurait retiré le drapeau israélien de son support lors d’une exposition consacrée aux victimes des attaques du 7 octobre. Les circonstances exactes de cet épisode, ainsi que les autres faits éventuellement survenus lors de la scène, font l’objet de versions divergentes et ne sont pas présentés ici comme définitivement établis.
L’OJF ne prétend pas établir de lien de causalité entre les décisions de classement concernant ses plaintes et cet incident allégué. Il demande néanmoins que ses interrogations sur la cohérence de la réponse judiciaire soient prises en considération et que, dans le respect des règles applicables, les motifs des décisions rendues lui soient expliqués.
À l’occasion de l’audience annoncée des 19 et 20 octobre, l’OJF qui sera présentée par Maître Julien BENSIMHON demandera aux magistrats d’examiner rigoureusement les faits poursuivis et d’appliquer la loi avec la même exigence à toute personne. Cette demande respecte leur indépendance, les droits de la défense et la présomption d’innocence de Rima Hassan. Seul le tribunal pourra se prononcer sur la culpabilité ou l’absence de culpabilité dans le cadre de la procédure.
L’association distingue les faits soumis au tribunal, les décisions judiciaires déjà rendues et les comportements qu’elle estime contestables. Son interpellation porte principalement sur la cohérence de la réponse judiciaire et sur la confiance des citoyens dans l’égalité devant la justice.
Aucun mandat électif, aucune notoriété et aucune appartenance politique ne doivent créer le sentiment qu’une personne bénéficierait d’une tolérance particulière. L’OJF estime que les élus doivent faire preuve d’une exemplarité renforcée, sans que cette exigence ne remette en cause les principes de légalité, d’impartialité, de présomption d’innocence et de respect des décisions de justice.
René Lévy Président de l’Observatoire Juif de France
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